Lucien aimait se laisser dorer au soleil, jouer au beach-volley et être entouré de monde. Il collectionnait toutes sortes de choses : des lions de toutes formes, en clin d’œil à son signe astrologique, des livres de genres variés, des foulards et, bien sûr, de l’art.
Il quitta la France pour le Brésil en 1948, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Arrivé à Rio de Janeiro à l’âge de seize ans, il y recommença sa vie, fonda une famille et devint joaillier.
Il s’établit à son compte, sans associé ni capital important, porté par sa confiance en lui, sa détermination et son ambition. Son objectif n’était pas seulement d’attirer des clients et de vendre des bijoux. Ce qui comptait véritablement pour lui était de créer ses propres pièces et de construire une marque à son nom. Il rêvait d’être le meilleur et fut par la suite reconnu comme le premier joaillier-créateur du Brésil.
En 1965, Lucien inaugura sa boutique sur l’Avenida Atlântica avec une somptueuse exposition de bijoux de la maison française Boucheron, dont il devint le représentant exclusif au Brésil. Au cours des années 1960 et 1970, il développa son activité avec des boutiques dans les deux plus grandes villes du pays et des bureaux dans plusieurs régions du Brésil.
Il créa également des bijoux exclusifs en collaboration avec deux peintres brésiliens renommés, Aldemir Martins et Emiliano Di Cavalcanti, ainsi qu’avec le maître équatorien Oswaldo Guayasamín.
Lucien souhaitait rendre au pays et au peuple qui l’avaient accueilli à bras ouverts une part de ce qu’ils lui avaient donné, et l’art devint sa manière de le faire. À partir de 1985, il se consacra de plus en plus à l’une de ses grandes passions : collectionner l’art, avec un intérêt tout particulier pour l’Art Naïf.
Il créa la Fondation Lucien Finkelstein puis, en 1995, inaugura le Musée International d’Art Naïf du Brésil, où fut réunie une partie de sa collection personnelle.
Lucien collectionnait les œuvres par passion, mais sa relation avec les artistes allait bien au-delà de l’acquisition de leurs créations. Il devint l’ami de beaucoup d’entre eux et, pour certains, mit en place un revenu mensuel en échange de leur production, leur offrant ainsi davantage de stabilité et la liberté de continuer à créer.
Lucien Finkelstein s’est éteint à Rio de Janeiro en 2008.